mardi 30 mai 2017

La cave


Titre : La cave
Auteur : Natasha Preston
Genre littéraire : Jeunesse/Thriller
Année de parution : 2017
Éditeur : Hachette
ISBN : 978-2016254660
Nombre de pages : 312 pages


Trèfle, un homme à la folie maniaque et meurtrière, séquestre Rose, Iris et Violette, trois filles, dans sa cave. Un jour, Summer croise la route de cet homme et ne rentre pas chez elle : il l'enferme dans sa cave et la rebaptise Lilas. Mais contrairement aux autres, Lilas ne compte pas accepter son sort jusqu'à faner.

La Cave est un thriller intéressant avec tous les éléments pertinents pour créer un bon suspense. Malheureusement, il manque un peu de substances à certains endroits. Après plusieurs arrêts dans ma lecture, j'ai finalement terminé le bouquin!

Notre protagoniste, Summer, se fait enlever par un psychopathe alors que celle-ci allait rejoindre une amie. Elle se retrouve immédiatement à l'arrière d'une camionnette et peu de temps suivant son enlèvement, la voilà enfermée dans La Cave de celui-ci. À sa grande surprise, elle n'est pas seule. Elle rencontre Rose, Iris et Violette. Toutes trois séquestrées comme elle, au détail près que celles-ci sont enfermées là depuis déjà plusieurs mois. Summer deviendra Lilas et devra suivre les conseils de ces fleurs si elle veut survivre au sein de cet environnement aseptisé. Le but de notre kidnappeur, qui se fait appeler Trèfle, c'est de se créer une nouvelle famille. Il croit l'avoir enfin composé son bouquet maintenant qu'il a trouvé Lilas. Mais les fleurs ne doivent pas faner...

Pendant ce temps, les proches de Summer partiront à sa recherche. Ils ne lâchent pas prise au fil des semaines, des mois. Surtout le petit copain de Summer. Lewis a la conviction qu'elle est toujours en vie. Et c'est justement là où Trèfle a commis une erreur, car jusqu'à maintenant, il avait toujours choisi des jeunes filles sans attaches, sans famille et qui étaient à la rue. Avec Summer, il sent l'étau se refermer sur lui et de jour en jour, il devient de plus en plus nerveux. Et son besoin de purifier est de plus en plus fort. Il perd le contrôle.

Ce que je retiens le plus de ce thriller est malheureusement toutes ces scènes de violence où Trèfle tue les prostitués. Je comprends que cela permet de bien incarner notre psychopathe et de créer une atmosphère permettant de bien cerner la peur sur notre protagoniste. N'empêche que cela m'a perturbée dans ma lecture plus qu'autre chose. Si là était le but de notre auteure, je dois dire qu'elle a réussi haut la main!

Concernant les derniers chapitres, les pages ont filé à vive allure. J'étais curieuse de voir où s'en allait l'auteure avec tout cela, et ce, même si tout semblait prévisible. Quant au dénouement, j'aurais apprécié que l'auteure nous donne plus d'éléments permettant de comprendre comment ils en sont arrivés là. Dommage!

Ma note : 3/5

Je tiens à remercier la maison d'édition Hachette pour ce thriller!


lundi 29 mai 2017

Un coeur solitaire


Auteur : Christina McKenna
Genre littéraire : Littérature Contemporaine
Année de parution : 2017
Éditeur : AmazonCrossing
ISBN : 978-1503943827
Nombre de pages : 366 pages

Irlande, 1974
Marqué par une enfance très dure dans un orphelinat, Jamie McCloone vit seul dans sa ferme et s’enfonce progressivement dans la dépression et l’alcoolisme. À quarante ans, Lydia Devine se sent plus seule que jamais, obligée de vivre aux côtés de sa mère, désormais âgée, qui ne l’a jamais aimée.
Tous deux ont récemment perdu un être cher et souffrent de leur isolement. Poussée par une amie, Lydia prend une décision qui va changer sa vie : elle passe une petite annonce dans la rubrique « Cœurs solitaires » d’un journal que Jamie épluche chaque jour pour trouver l’amour… Et il est séduit par la simplicité de celle de Lydia. Entre l’institutrice réservée et le fermier rustre, le courant passera-t-il? Peut-on se libérer d’un passé malheureux grâce à l’amour?
Ce roman nous plonge au sein de la quête du bonheur pour deux êtres au cœur solitaire. Deux êtres dont les chemins vont finir par se croiser...

Jamie/James est un homme début quarantaine qui autrefois fut adopté par Mick et Alice. Un couple prévenant qui a su prendre soin de lui et surtout, l'on sortit de l'enfer. Malheureusement, ceux-ci sont maintenant décédés et Jamie vit seul. Il s'occupe maintenant de la ferme et déprime de jour en jour. Mais il peut compter sur Paddy et Rose. Celle-ci croit qu'il serait plus que temps que Jamie trouve une femme pour l'aider à la maison, mais aussi parce qu'elle sait que Jamie est un homme au grand cœur. Du coup, elle le pousse à répondre aux petites annonces.

Lydia est enseignante auprès de jeunes enfants. Elle prend soin de sa mère depuis le décès de son père. Elle est au début de la quarantaine et n'a toujours pas rencontré l'homme de ses rêves. Alors que la saison estivale débute et qu'elle se retrouve en vacances, la voici qui reçoit une invitation pour le mariage d'une amie d'enfance. Et pas question d'être accompagnée par sa mère. Cette fois-ci elle désire être au bras d'un homme. Sa copine Daphné lui conseille de placer une petite annonce dans le journal.

S'ensuivra toute une aventure pour ces deux êtres solitaires. De son côté, Jamie revit de plus en plus d'épisodes de son passé. Des moments de tortures et d'humiliations subies par les religieux ne cessent de le hanter dans son sommeil. Mais le soleil pointe le bout du nez, il a enfin la possibilité de rencontrer une femme. Quant à Lydia, elle apprendra que la vie n'est pas toujours facile et que parfois le passé peut cacher de sombres secrets.

Ce roman est un réel retour dans le passé. Un passé que l'Église préfèrerait probablement qu'on oublie... un passé où les enfants n'étaient qu'un simple numéro, où il était permis de les maltraiter : Chaque enfant payait pour « l'amour » qui l'avait engendré; un amour « souillé », aux yeux « saints » de ces gardiens d'enfants, car il provenait d'êtres inférieurs — les pauvres. Malgré que ce soit une œuvre de fiction, il n'en reste pas moins que ces orphelinats ont bel et bien existé et juste pour cela, je lève mon chapeau à l'auteure pour avoir osé nous raconter ce passé qui, en fait, n'est pas si lointain! Malgré certaines scènes que j'ai trouvé difficiles à lire, l'auteure a su tout de même trouver un peu de délicatesse pour nous transmettre les émotions vécues par les enfants. Il y a quelques longueurs dans le récit, principalement autour de Rose et Élizabeth et qui nous donne envie de tourner les pages rapidement. N'empêche que la base de l'intrigue entourant Jamie est intéressante et Lydia est tout simplement adorable.

Ma note : 3/5


Je tiens à remercier la maison d'édition AmazonCrossing pour ce roman!


vendredi 26 mai 2017

Tu as promis que tu vivrais pour moi


Auteur : Carène Ponte
Genre littéraire : Littérature Contemporaine
Année de parution : 2017
Éditeur :  Michel Lafon
ISBN : 978-2749932194
Nombre de pages : 360 pages

Quand on a trente ans, on n’est jamais préparé à perdre sa meilleure amie. C’est pourtant le drame que Molly doit affronter quand Marie est emportée par la maladie en quelques mois à peine. Juste avant de mourir, celle-ci demande à Molly de lui faire une promesse : vivre sa vie pleinement, pour elles deux. Elle y tient, alors Molly accepte.
Mais par où commencer? Lâcher son travail de serveuse? Rompre avec Germain, l'homme avec lequel elle vit? Certes, il est comptable et porte des chaussons, mais il est gentil.
Lorsque Molly reçoit quelques jours après l’enterrement un mystérieux paquet contenant douze lettres de Marie, elle comprend que celle qui lui manque tant n’avait pas l'intention de se contenter de paroles en l'air et que son engagement va l’entraîner bien plus loin que ce qu’elle imaginait… 

Si vous aviez été à la place de Molly... auriez-vous fait une telle promesse? Auriez-vous tenu parole jusqu'au bout? Un roman à mi-chemin entre la littérature contemporaine et la romance... une amitié qui se prolonge au-delà de la mort.

Molly n'était pas certaine, elle a hésité un peu, mais elle a promis. Elle était loin de se douter que cette promesse allait transformer sa vie...

Marie ne faisant pas les choses comme les autres, il a fallu qu'elle talonne un peu sa meilleure amie. Elle lui a donc fait parvenir une enveloppe où Molly y a trouvé un petit mot : J'ai réfléchi et j'ai listé des choses, trois fois rien parfois, que j'aurais tellement aimé faire. Tu trouveras dans cette enveloppe d'autres petites enveloppes avec écrit dessus le mois concerné. Elles contiennent chacune un souhait, un rêve. Et pour que tu puisses les réaliser pour moi, j'y ai joint chaque fois un peu d'argent. [...] Une enveloppe par mois. Un peu de moi pendant un an...

Viviane, une autre amie très proche de Molly et qui jalousait sa relation avec Marie, voit d'un très mauvais œil toute cette histoire de promesse et d'enveloppes. On ressent également de la part de Germain qu'il ne comprend pas l'impact que la mort de Marie a sur Molly. Au bout du compte, le départ de Marie laisse un grand vide dans la vie de Molly et elle se sent tellement seule malgré qu'il y ait des gens autour d'elle.

Peu à peu, Molly se met à douter de tout. De son travail, de son amoureux qui soudainement lui demande de l'épouser bref, il aura fallu qu'elle passe un week-end, en compagnie de Sasha, à Grenoble pour qu'elle redonne un sens à sa vie : Cette ville a quelque chose de magique : une fois qu'on lui ouvre son cœur, on ne peut plus repartir.

Le talent de Carène Ponte est incontestable. Elle a réussi avec ce deuxième roman à nous émouvoir, et ce, dès le début du roman. Ses personnages sont bien ancrés dans le récit. Le choix des mots est d'une justesse telle que l'émotion nous touche parfois de plein fouet. Un roman touchant, quoique quelque peu prévisible, qui relate une amitié hors du commun. Le récit de Molly ne vous laissera pas insensible.

Ma note : 4.5/5

Je tiens à remercier la maison d'édition Michel Lafon pour ce roman si touchant!


mardi 23 mai 2017

Une ombre chacun


Auteur : Carole Llewellyn
Genre littéraire : Littérature contemporaine
Année de parution : 2017
Éditeur : Belfond
ISBN : 978-2714476104
Nombre de pages : 304 pages

Rescapée d’un enlèvement quand elle était enfant, Clara, 30 ans, mène désormais à Paris une vie confortable avec son mari, Charles. Pourtant, lorsqu’il lui demande un enfant, elle décide de partir sans laisser de trace.
Homme d’affaires occupé, Charles loue les services de Seven Smith, un ancien Marine, afin de retrouver son épouse. Pour le soldat américain, que la fin de la guerre a laissé sans but, la quête de cette femme disparue est une occasion inespérée d’exister à nouveau.
À travers l'Europe, Clara et Seven vont partir à la recherche de vérités sur eux-mêmes qui altéreront pour toujours le sens de leurs vies.

Carole Llewellyn signe un premier roman à deux voix qui nous fait voyager entre la France, l'Italie et la Grèce. Une intrigue où la noirceur enrobe nos protagonistes... où les rayons du soleil finiront peut-être un jour à passer au travers des nuages!

Depuis son retour de la guerre, Seven trouve sa vie bien monotone. Il est en train de s'enliser dans une routine qui l'ennuie royalement. Son travail de vendeur de matelas ne lui apporte pas d'adrénaline et sa femme est devenue presque transparente à ses yeux. Il ne se rend même pas compte qu'il souffre du syndrome post-traumatique lié à toutes les atrocités qu'il a vues en Irak. Bref, sa vie n'est pas aussi excitante qu'il le voudrait. Jusqu'au jour où, lors d'un souper entre amis, il apprend qu'un homme cherche un détective privé pour retrouver sa femme disparue. Cette femme devient une obsession pour lui. À tel point, qu'il commence à faire des recherches le soir même. Quelques jours plus tard, il prend un vol pour la France et part à sa recherche.

Clara est cette femme disparue. Elle est la femme de Charles. En fait, elle est un peu comme sa femme-objet. Elle ne travaille pas et voit à ce que tout soit conforme aux moindres désirs de son mari. Mais un jour, Charles décide qu'il veut un enfant! Il décide pour elle, pour eux! Clara n'arrive plus à voir sa vie ainsi et décide de préparer sa fuite. En réalité, elle décide qu'elle part mourir! C'est beaucoup plus facile que de demander le divorce. Quant à Charles, il n'est pas attristé de son départ, il voit cela plutôt comme un affront et il est en colère. Avec sa fragilité, comment ne peut-il pas être inquiet pour elle? Comment fait-il pour poursuivre son quotidien? Et surtout, pourquoi n'est-ce pas lui qui part à sa recherche?

Au cours du récit, on sent Clara plonger dans la dépression. On arrive même à ressentir son désespoir. Elle n'a toujours pas réussi à panser les blessures du passé. Elle vit encore avec le traumatisme de son enlèvement. Elle part à la dérive. Elle se promène de ville en ville et finira sur une plage en Grèce. On aurait bien envie de lui tenir la main simplement pour être à ses côtés et qu'elle se sente moins seule.

Malgré tout, il n'en reste pas moins qu'à certains moments, il y a des longueurs. En fait, ce sont surtout les chapitres où Seven est présent que cela gâche un peu le récit. J'en avais un peu marre de savoir qu'il passait son temps à se masturber. Quand même!

Entre thriller et littérature contemporaine, l'auteure nous plonge dans l'univers de Clara, cet être brisé par la vie. Les émotions véhiculées par le roman sont justes et intenses. Clara est attachante. Et malgré son désespoir, je vois beaucoup de courage en elle.

Ma note : 3.5/5


Je tiens à remercier la maison d'édition Belfond pour m'avoir fait découvrir ce récit!


lundi 22 mai 2017

Lux tome 1


Titre : Obsidienne
Auteur : Jennifer L. Armentrout
Série : Lux, tome 1
Genre littéraire : Jeunesse/Fantastique
Année de parution : 2014
Éditeur :  J'ai Lu
ISBN : 978-2290070468
Nombre de pages : 378 pages

Quand Katy déménage dans un coin paumé de Virginie-Occidentale, elle s'attend à tout sauf rencontrer des voisins de son âge. Déception, Daemon Black a beau être canon et avoir une sœur jumelle adorable, il n'en est pas moins insupportable et arrogant!

Lorsque Kat se rend compte que tout le monde semble fuir la famille Black, elle voit d'un autre œil la froide suffisance de Daemon. Pourra-t-elle encore l'éviter quand tout lui crie de s'en approcher?

Cela faisait si longtemps que je voyais ce bouquin dans ma pile-à-lire... j'aurais dû le lire plus tôt! Quel univers incroyable et fantastique!

Notre protagoniste, Katy, vient tout juste d'emménager dans une nouvelle ville perdue au fin fond de la Virginie-Occidentale. Depuis le décès de son père, Katy et sa mère avaient bien besoin de changer d'air pour continuer à vivre sans lui. La mère de Katy tente de pousser sa fille à se faire de nouveaux amis avant la rentrée des classes et qui de mieux que les deux voisins qui habitent tout juste à côté!

Katy prend donc son courage à deux mains et va sonner à la porte voisine. Quelle surprise lorsque la porte s'ouvre. Elle se trouve face à Daemon, un mec sexy qui se balade torse nu. Mais malheur, celui-ci est un connard arrogant! Malgré tout, Katy fera la connaissance de la jumelle de Daemon et se liera d'amitié avec celle-ci malgré que son frère tente de les séparer. D'ailleurs, pourquoi est-il si protecteur?

Au fil des jours, Katy remarque plusieurs éléments bizarres émanant de ses voisins, surtout de Daemon. Il a beau lui dire qu'elle imagine des trucs, elle est certaine du contraire. Jusqu'au jour où celui-ci n'a pas le choix de tout lui dire!

Jennifer Armentrout signe une saga vraiment originale et intéressante. J'ai trouvé l'intrigue juste, concise et addictive. Le seul bémol qui m'a empêchée d'avoir un réel coup de cœur pour ce premier tome est le début de relation entre Katy et Daemon. J'ai un peu l'impression que l'auteure tombe dans le piège des romances classiques où les deux protagonistes se détestent tout en étant attirés l'un envers l'autre. Vous savez le type de relation : J't'haïs d'amour? J'espère sincèrement que pour les prochains tomes, on ne tombera pas dans le cercle vicieux du Je t'aime, Je t'aime plus... etc.

Extrait : Pourtant, mon cœur continuait de palpiter et, malgré tout, j'avais du mal à respirer. Je ne l'aimais pas. C'était un imbécile. Lunatique, qui plus est. Durant les moments que j'avais passés avec lui, l'espace d'une nanoseconde, j'avais cru apercevoir le vrai Daemon, ou du moins, la meilleure facette de sa personnalité. Ça avait attisé ma curiosité. Son caractère de cochon, en revanche, ne me faisait pas le même effet.

Sinon c'est un excellent premier tome. Je suis vraiment emballée par le côté fantastique du bouquin. L'univers de l'auteure est original. La lecture se fait trop rapidement. Le deuxième tome est déjà sur ma table de chevet et bien heureusement, il est plus volumineux que le premier!

Ma note : 4/5

samedi 20 mai 2017

Un palais de papier


Auteur : Françoise Hamel
Genre littéraire : Historique
Année de parution : 2017
Éditeur :  Fayard
ISBN : 978-2213686790
Nombre de pages : 352 pages

Lorsqu’Espérance de Kerzo quitte sa Bretagne natale pour la capitale, les caisses du Royaume de France sont désespérément vides et Louis XIV a accumulé une dette colossale. Déjà. Puis le Roi-Soleil s’éteint, mais l’ardoise reste.
Cependant tout Paris bruisse du nom d’un aventurier d’origine écossaise : John Law. Car cet homme a un plan, qui aura bientôt la faveur du Régent : remplacer la monnaie métallique par des billets de papier.
Fascinée, Espérance de Kerzo entre au service de celui dont on espère qu’il sauvera le pays de la faillite. Et c’est de l’intérieur, en observatrice privilégiée, qu’elle raconte les grandes innovations et les petites manigances de cette entreprise.
Pourtant cette jeune fille fougueuse et libre, lectrice avide aussi bien de Montaigne que du Code paysan des premiers Bonnets rouges, a toujours rêvé de liberté – et jamais de finance. Les sentiments que lui inspire le troublant John Law seraient-ils à l’origine de cette contradiction ?

Françoise Hamel a sans contredit une plume très singulière. Son bouquin est bien ancré dans son époque et elle a su ajouter un peu d'originalité sans tomber dans l'excentricité...

Le récit débute à la mort du Grand Roi Louis XIV. Son fils étant trop jeune pour gouverner la France, Philippe jouera le rôle de Régent. Nous sommes dans une époque où la monarchie est encore bien présente et inconsciente.

Kerzo est une jeune bretonne à la tenue garçonne, aux pensées philosophiques et humanistes, certains pourraient la croire naïve. Elle et son amie Toinon, qui se dit sa femme de chambre, décident de se rendre à Paris. En très peu temps, Kerzo se fait remarquer pour ses citations et se retrouvera au service du célèbre banquier John Law. Elle qui n'a aucune notion en finance! Comme tant de femmes à Paris, elle est aussi sous le charme de celui-ci.

Sir Law est ambitieux. Il dit vouloir le bien du peuple et de l'État et pour y arriver, il tente d'implanter son système. Pour cela, il devra atteindre le Régent, le convaincre qu'avec son système, il pourra effacer la dette de la France. Il faut instaurer le papier-monnaie et éliminer l'or et l'argent. Le Régent le nommera ministre des Finances et déclarera sa banque : Banque Royale. Les Français s'arrachent les actions du Mississippi. Tous veulent s'enrichir sur la compagnie des Indes, sur le commerce de la Louisiane, et ce, malgré la traite des esclaves; ce qui révolte notre Kerzo. 

Pour garder le système à flot, Law a besoin de Kerzo pour conserver la confiance du peuple français et ainsi éviter que ceux-ci prennent peur. Malheureusement pour lui, ce que le Régent donne, il peut le reprendre. Et Law fera faillite. Il emmènera quantité de gens avec lui, car après tout, ces actions n'étaient que spéculations!

Ce mirage financier se reproduira, car, paraît-il, les gens de la Politique et de la Finance refont toujours les mêmes erreurs. La mémoire leur fait défaut.

Plusieurs éléments sont très intéressants dans ce récit. En premier lieu, j'ai bien aimé le schème de pensée de Kerzo. Ses citations, des plus grands penseurs de l'époque, qui parfois dérangent... et qui pourtant ont défié les ans : En politique, le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal. Pour avoir beaucoup lu sur cette époque, je trouve les personnages bien ancrés et je dois dire que de voir passer au fil des pages des personnages tels que Voltaire, Montesquieu, etc. cela apporte un côté unique et original.

Par contre, au-delà du récit, je dois dire que personnellement j'ai eu beaucoup de difficulté à adhérer au style d'écriture de l'auteure. Il y a quelques semaines, j'avais entrepris la lecture de ce bouquin et j'ai abandonné justement en raison du fait que je n'arrivais pas à rester centrer sur le récit. Cette semaine, j'ai repris le bouquin et je crois simplement que c'est un style qui ne me rejoint pas personnellement. Par contre, je ne regrette pas ma lecture, car c'est une époque si intéressante!

Ma note : 2.5/5

Je tiens à remercier la maison d'édition Fayard pour ce récit historique.


jeudi 18 mai 2017

Fragiles


Auteur : Sarah Morant
Genre littéraire : Jeunesse/Romance
Année de parution : 2017
Éditeur : Hachette
ISBN : 978-2017007838
Nombre de pages : 576 pages


Gabriel a toujours été le bad boy du lycée : celui qui frappe avant de parler, qui fait craquer toutes les filles, mais ne s’attache jamais. Brittany incarne la peste par excellence, à la répartie vicieuse, et au joli minois qui ne laisse aucun garçon indifférent. Pourtant, derrière leurs apparences montées de toutes pièces, tous deux cachent de profondes blessures qui les éloignent des autres. Dans cette course pour cacher leurs cicatrices, Gabriel et Brittany se cherchent mutuellement… Se trouveront-ils?

Si vos attentes face à ce bouquin sont d'y trouver une simple romance entre deux adolescents, passez vite votre chemin. Ce n'est clairement pas le cas ici. C'est avant tout un roman sur l'amitié, l'amour fraternel, mais également sur les déchirures, les obstacles que la vie nous envoie.

Gabriel est en dernière année de lycée et s'est mis en tête de se venger de Brittany. Faut savoir que l'an passé, celle-ci ne s'est pas gênée pour l'humilier en pleine cafétéria. Par contre, il n'avait pas du tout prévu que celle-ci était une vraie guerrière et qu'elle viendrait toucher une corde sensible! Alors qu'il souffre d'amnésie face à une partie de son enfance, celui-ci voit ses souvenirs resurgir graduellement à mesure que sa relation évolue avec cette très chère Brittany. Et là, sa vie dégringole à vive allure et par le fait même son estime de lui-même : J'étais égoïste d'après certains, perturbé pour les psychologues et mal-aimé selon mes tuteurs. Ils n'avaient juste pas compris une chose. J'étais brisé.

Brittany est une jeune femme qui souffre face à l'image qu'elle a d'elle-même. Elle n'est jamais assez parfaite tant au plan physique que psychologique. Elle tente de montrer qu'elle est forte alors qu'elle est si fragile. Elle est au bord du gouffre, sur le point de sombrer dans le noir. Et Gabriel devient son protecteur, celui qui l'aidera à se sauver d'elle-même... cet ange déchu qui lui-même a un tel besoin de s'ouvrir : Et, lorsque je nageais dans le brouillard, elle m'indiquait gentiment le nord sans le savoir. C'était plus fort que l'amitié, à dix mille kilomètres de l'amour et bien loin de notre haine.

Autour d'eux, il y a le frère adoptif de Gabriel, Jake ou Jackie Chan comme il aime si bien l'appeler. Il est le confident de Gaby, mais aussi celui qui l'aide à rester à la surface de l'eau. Il y a également Vanessa qui est en fait la meilleure amie de nos deux protagonistes et qui n'assume pas, qui elle est. Et bien sûr, Évangeline, la sœur de Gabriel dont il a perdu la trace ce fameux soir où il a perdu la mémoire.

Tous ces adolescents ressentent un tel mal de vivre, leurs expériences passées qui ne les laissent pas tranquilles et qui d'une certaine manière les ont rendus abîmés, fragiles face à la vie et à ceux qui les entourent.

L'auteure ose aborder des sujets durs, difficiles et malheureusement présents dans notre société. Que ce soit la maltraitance, l'automutilation, l'anorexie, l'intimidation, la toxicomanie ou bien l'homosexualité. Chaque élément est abordé avec beaucoup de sensibilité et de réalisme.

L'auteure trouve les mots pour instaurer l'espoir, la lumière au travers de toute cette noirceur et ça fait du bien de croire que tout est possible!

Ma note : 4.5/5

Je tiens à remercier chaleureusement la maison d'édition Hachette pour ce roman jeunesse!


mardi 16 mai 2017

La délicatesse du homard


Auteur : Laure Manel
Genre littéraire : Littérature Contemporaine
Année de parution : 2017
Éditeur :  Michel Lafon
ISBN : 978-2749933054
Nombre de pages : 275 pages

François, qui s’occupe d’un centre équestre en Bretagne, découvre un jour une jeune femme inconsciente au pied d’un rocher. Prêt à appeler les secours, il se ravise et, sans trop savoir pourquoi, la ramène chez lui pour la soigner. À son réveil, l’inconnue paraît en bonne santé, mais peu encline à s’expliquer. Elle déclare s’appeler Elsa, mais refuse qu’on lui pose des questions. Commence alors une étrange cohabitation, où l’un et l’autre se mettent peu à peu à nu sans pour autant totalement révéler les secrets qui les rongent. Et même si ce duo en s’apprivoisant s’apaise, chacun souhaite continuer à se protéger, quoi qu’il en coûte.
Qui est Elsa? Que cache-t-elle? Quelle vie est-elle en train de fuir?

Un court roman écrit par une auteure de talent. Une écriture dynamique, concise et empreinte d'émotions.

François, propriétaire d'un centre équestre, se promenait à cheval sur la plage lorsqu'il aperçoit cette femme au regard perdu. Sans trop comprendre et savoir pourquoi, il décide de la prendre sous son aile.

Cette femme, Elsa/Axelle est en pleine dépression. Elle a quitté son boulot, sa famille, ses amis bref, elle a décidé qu'elle n'existait plus et qu'elle devait tout simplement disparaître. Elle doit repartir à zéro... ailleurs... loin de son passé. Se reconstruire et réapprendre à vivre tout simplement. Mais elle est un peu comme un cheval sauvage, François devra être empathique et patient afin de réussir à l'amadouer pour être en mesure de l'aider.

Il tente graduellement de lui faire comprendre qu'elle a le droit d'être heureuse, qu'elle doit s'ouvrir, mais parfois il le fait avec un peu de maladresse et cela engendre une telle détresse chez Elsa, elle est si fragile : J’ai un cœur de rien du tout, qui ne sait que souffrir, et qui n’en peut plus. J’avance vers la plage. Il y a des rochers, mais pas de falaises, pas de quoi se jeter pour en finir vraiment. Je m’effondre sur le sable, et pleure comme la dernière des nulles. Je me sens au bord du même gouffre que celui de mes seize ans, dans la même fragilité indicible que celle qui a baigné mon adolescence. J’ai trente-deux ans maintenant, mais rien n’a changé, parce que tout s’est arrêté à ce moment-là et que, depuis, je n’ai jamais su vivre, je n’ai jamais su aimer, être aimée. Je me sens plongée dans un néant profond. Je ne suis rien… pour quiconque, et ce depuis toujours. Je ne compte pas. Je n’ai jamais compté, je n’étais pas assez, ou bien j’étais trop… mais jamais comme il l’aurait fallu. Jamais. Je suis au monde, mais je ne suis rien. J’existe, mais je ne vis rien. Et là, ici, dans cet univers reculé où j’ai choisi d’échouer, je suis, encore une fois, une moins que rien, celle qu’on ne retient pas, qui ne compte pas. Invisible, aussi inutile et transparente que l’écume foulée par les sabots d’un cheval.

Mais au fil des semaines, Elsa découvre que derrière sa façade un peu brute, François est un homme patient, protecteur et que le hasard de la vie fait bien les choses. Il faut parfois un autre être au passé lourd et douloureux pour réussir à s'entraider, pour réussir à faire sortir l'autre de sa coquille.

Chacun à leur tour, ils se dévoileront et devront faire preuve de beaucoup d'indulgence et de tolérance afin d'accepter le passé de l'autre, mais également pour décider qu'il est maintenant temps d'apprécier le présent et de prendre des risques : Ce que je veux dire, c’est qu’à toujours réfléchir, se poser des questions, se torturer l’esprit, on n’avance pas, on n’entreprend rien. Il faut laisser un peu le risque entrer dans sa vie, ou saisir une chance au vol, c’est la même idée. Je crois foncièrement que la vie est mouvement et qu’il ne faut pas toujours chercher à figer, nommer, définir les choses... C’est un peu comme si tu étais sur une planche de surf et que tu trouvais la vague : il faut juste se laisser porter sans chercher à déterminer la destination, calculer le point d’arrivée.

Sans s'en rendre compte, il se développera une jolie romance entre ces deux êtres écorchés par la vie. Ils devront faire route main dans la main. Et François trouve toujours les bons mots pour encourager Elsa d'aller toujours plus loin vers l'avant, vers l'avenir. Même si bien souvent les mots se transmettent que par le regard!

Ce roman à deux voix m'a conquise dès les premiers chapitres. Le style de l'auteure rend la lecture très agréable. François et Elsa sont attachants et le choix des mots, tout en délicatesse et en douceur, nous permet de bien saisir et comprendre les émotions et la détresse ressenties par nos deux protagonistes.

Un roman qui se lit trop rapidement, mais qui est à la fois riche et intense en émotions. Une fin plus approfondie aurait permis de clore en beauté cette romance. Il n'en reste pas moins que ce roman est un joli petit bijou.

Ma note : 4/5


Je tiens à remercier la maison d'édition Michel Lafon pour la découverte de cette romance contemporaine.


samedi 13 mai 2017

Leopard Hall


Auteur : Katherine Scholes
Genre littéraire : Historique
Année de parution : 2017
Éditeur : Belfond
ISBN : 978-2714475701
Nombre de pages : 631 pages

Congo, 1964.
Australienne de vingt-cinq ans, Anna Emerson retourne sur sa terre natale du Congo, pour se rendre au chevet de son père mourant, Karl, qu’elle n’a pas vu depuis dix-huit ans. Les retrouvailles sont brèves et, au lendemain de sa mort, un nouveau choc attend la jeune femme : Karl n’est pas son père biologique.
Qui est son véritable père? Pourquoi sa mère n’a-t-elle jamais rien dit? Et que faire de Leopard Hall, la villa Emerson dont elle a hérité, remplie d’œuvres d’art pillées aux Africains?
Anna n’a bientôt plus qu’une idée en tête : retrouver son père. Avec Eliza, séduisante photographe américaine et grande entremetteuse politique, la jeune australienne tente de rejoindre le village où elle est née pour en savoir plus sur ses racines. Mais dans ce Congo tout juste indépendant, les tensions sont vives, parfois sanglantes. Et tandis qu’Eliza est embarquée dans une mission secrète auprès des rebelles Simba, Anna, elle, hésite : doit-elle poursuivre son voyage seule? Ou doit-elle rester auprès des Carling, ce couple de missionnaires qui viennent en aide aux lépreux?

De l’autre côté du lac Tanganyika, un homme se prépare pour une mission paramilitaire des plus dangereuses, classée « secret défense ». Un homme qui n’a plus goût à rien depuis vingt-cinq ans, date à laquelle il a renoncé à ses droits sur sa fille. Un homme qui ne se doute pas que, dans un lieu appelé Leopard Hall, le destin a placé une surprise sur son chemin…

Leopard Hall est un roman à la fois touchant, mais également difficile à lire en raison de nombreuses scènes de guerre. La notoriété de l'auteure n'est plus à faire, d'avance nous savons à quel point celle-ci est investie dans ses œuvres.

Ce roman à deux voix alterne entre Anna qui part à la recherche de son père et Dan, ce père qui ne sait pas que bientôt il retrouvera enfin sa fille. Avec en toile de fond, la révolution qui débute au Congo!

Anna vit en Australie depuis le divorce de sa mère. Sa vie se voit chamboulée lorsqu'un détective lui apprend que son père va bientôt mourir et qu'il voudrait la voir avant de trépasser. Il veut qu'elle vienne le rejoindre au Congo. Sa mère, Marilyn, est apeurée, et ce, pour deux raisons : le climat politique au Congo est instable, mais il semblerait également que Marilyn ait peur que son ex-mari dévoile certains secrets à sa fille. Pour une fois, Anna tient tête à sa mère et décide de suivre son cœur d'enfant. Elle quitte donc pour le Congo afin d'aller à la rencontre de son passé et de ce père dont elle n'a presque plus de souvenirs.

Entre-temps, Dan reçoit une lettre pendant son congé et qui l'obligera à faire un choix assez rapidement soit celui de continuer son petit bout de chemin en Tanzanie ou revenir sur les routes de son passé au Congo en étant à la tête d'un groupe de mercenaires. Pour lui, partir au Congo et aller délivrer le peuple est un but noble et veut apporter son soutien à cette cause et à ce pays où il a vécu autrefois.

Dès l'arrivée d'Anna au Congo, les choses se corsent. Son père décède immédiatement après leur première et brève rencontre. Elle apprendra par la suite, qu'il l'a adoptée et que son père biologique est en fait le premier mari de sa mère. Elle décide donc de partir à la recherche de celui-ci.

Quant à Dan, il a la chance d'avoir un groupe d'hommes aux nombreuses qualités et qui lui permettront de rendre à bien sa mission, mais un événement imprévu l'obligera à ne pas poursuivre sa route vers le Nord. Il doit absolument partir à la recherche de sa fille qu'il ne savait pas être au Congo.

L'un comme l'autre au cours de ce récit, leur chemin croisera celui d'Eliza. Cette Américaine au fort caractère qui semble avoir un lien avec les rebelles de cette révolution. Pour Anna, elle sera une amie qui l'aidera à trouver son père. Pour Dan, elle sera la belle rousse à la Jaguar. Elle jouera un rôle prédominant non seulement dans leur vie, mais également dans ce début de révolution. Tous deux se demanderont à un moment donné : mais qui est-elle?

Je dois dire qu'au début du roman, j'ai eu beaucoup de difficultés à adhérer au personnage de Dan. Peut-être en raison de toute cette violence qui l'entoure, peut-être en raison du départ lent de l'intrigue... je ne pourrais pas dire. Il est vrai que la guerre n'est jamais rose et l'auteure décrit les scènes avec tellement de réalisme que parfois cela m'a perturbée. Et de savoir qu'encore aujourd'hui il y a beaucoup d'instabilité dans ce pays, cela rend encore plus horrible ces événements. Malgré que ce soit une œuvre de fiction, il n'en reste pas moins que l'auteure s'est appuyée sur des faits réels. Il y a une scène particulière qui m'a beaucoup émue : Il se rapprocha et remarqua des traces de pas rouges qui s’entrecroisaient, empreintes de rangers et de pieds nus entremêlées. Son regard s’arrêta sur une empreinte qui était seule, à part. Nette, parfaite. Laissée par le pied d’un enfant. La nausée l’envahit, il sentit un poids se déposer en lui, lourd et dur comme une pierre...

Toujours est-il que je reste assez mitigée quant à savoir si j'ai apprécié ou non ce roman. Difficile avec un tel contexte... Je reste choquée, troublée par ce que vivent les Congolais. L'auteure a su m'ouvrir les yeux sur une réalité que je ne connaissais pas. C'est ce que je retiendrai le plus de ce roman.

Ma note : 3.5/5

Je tiens à remercier la maison d'édition Belfond pour cette intrigue historique!


mercredi 10 mai 2017

Avant toi


Auteur : Jojo Moyes
Genre littéraire : Romance
Année de parution : 2016
Éditeur : Milady
ISBN : 978-2811218201
Nombre de pages : 520 pages

Lou est une fille ordinaire qui mène une vie monotone dans un trou paumé de l'Angleterre dont elle n'est jamais sortie. Quand elle se retrouve au chômage, elle accepte un contrat de six mois pour tenir compagnie à un handicapé. Malgré l'accueil glacial qu'il lui réserve, Lou va découvrir en lui un jeune homme exceptionnel, brillant dans les affaires, accro aux sensations fortes et voyageur invétéré.
Mais depuis l'accident qui l'a rendu tétraplégique, Will veut mettre fin à ses jours. Lou n'a que quelques mois pour le faire changer d'avis.

Il ne faudrait pas voir ce bouquin comme étant une simple romance entre une aide-soignante et un trentenaire tétraplégique. Il est beaucoup plus que cela!

Louisa est une jeune fille, fin vingtaine qui vient tout juste de perdre son emploi. C'est alors qu'elle se voit dans l'obligation de poser sa candidature pour un poste de six mois en tant qu'aide-soignante. Faut dire que les emplois sont assez rares et peu rémunérés dans son village. Lors de son entrevue, elle ne comprend pas pourquoi elle a obtenu le poste aussi facilement. Mais dès sa première rencontre avec Will, elle commence à comprendre : Ses yeux ont rencontré les miens et, après un instant, il a émis un gémissement terrifiant. il a tordu la bouche dans un nouveau cri qui m'a glacé les sangs.

Après une semaine au service de celui-ci, elle est prête à tout (ou presque) pour quitter cet emploi. Malheureusement c'est impossible. Sa famille compte sur elle et sur cet excellent revenu.

Finalement, un jour où elle n'en peut plus, elle va remettre Will à sa place. Dès lors leur relation prendra une nouvelle direction : Apparemment, Will et moi avions fini par trouver une manière plus décontractée de vivre ensemble. Grosso modo, il se montrait impoli et grossier à mon égard, et, de temps à autre, je lui rendais la monnaie de sa pièce. Il m'ordonnait sur un ton brutal de faire telle ou telle chose, et je lui répondais que, s'il y tenait vraiment, il n'avait qu'à me le demander gentiment. Il jurait et me disait que je lui « cassais les bonbons », et je lui répliquais qu'il n'avait qu'à se passer de casse-bonbons pour voir comment il s'en sortirait. Ça manquait un peu de spontanéité, mais cela semblait fonctionner pour lui comme pour moi. Parfois, il paraissait presque soulagé de constater que quelqu'un était disposé à le rudoyer, à le contredire ou à lui dire qu'il se comportait comme un mufle.

Un jour, Louisa surprendra une discussion et comprendra la raison pour laquelle la mère de Will l'a embauchée pour une période de six mois seulement. Celui-ci a déjà prévu de mourir dans la dignité et la date est fixée. Louisa part donc en mission : J'avais cent dix-sept jours devant moi pour trouver à Will Traynor une bonne raison de vivre. Quant à Will, il s'est également donné une mission : celle de permettre à Louisa de sortir de sa coquille et d'apprendre à croquer dans la vie.

À plusieurs moments, l'auteure nous permet de voir d'autres perspectives que celle vue par Louisa. Ces perspectives nous permettent de concevoir plusieurs paradigmes face à la décision de continuer à vivre ou non lorsque la qualité de vie n'est plus selon nos attentes et qu'il n'y a plus de possibilités d'améliorations. Mourir dans la dignité est un sujet extrêmement délicat et l'auteure a su relever le défi de l'aborder avec beaucoup de réalisme et de douceur.

Au-delà de cet élément, j'ai bien aimé voir Louisa s'épanouir aux côtés de Will. Une jolie romance qui tarde un peu à venir... La scène où nos deux protagonistes se décident à aller danser au mariage d'Alicia est tout à fait touchante.

Je dois dire que le roman m'a beaucoup surprise par les émotions et réflexions qu'il a suscitées en moi. En fait, il m'a profondément bouleversée. J'étais loin de m'attendre à une intrigue aussi profonde et émouvante, à des mots qui s'ancrent ainsi dans mon cœur. Le seul point négatif que je peux reprocher à ce roman, c'est le peu de place que l'auteure fait aux pensées de Will. J'aurais aimé un roman à deux voix. Sinon, c'est un vrai coup de cœur. Il me reste à visionner le film maintenant! En espérant que celui-ci sera à la hauteur du roman!


Ma note : 4.5/5

dimanche 7 mai 2017

Le murmure du vent


Auteur : Karen Viggers
Genre littéraire : Littérature Contemporaine
Année de parution : 2017
Éditeur :  Les Escales
ISBN : 978-2365692861
Nombre de pages : 546 pages

Quand Abby rencontre Cameron, tout en lui l'agace. Biologiste, elle arpente seule la vallée des monts Brindabella pour observer le comportement des kangourous. Il est un jeune journaliste en quête d'un article pouvant susciter la polémique. Quand il cherche à la revoir, elle fait tout pour l'éloigner. Pourquoi prendrait-elle le risque d'être à nouveau blessée par la vie? Un jour, elle rencontre une vieille dame, Daphne, qui a passé sa jeunesse dans ces montagnes et vient régulièrement se ressourcer dans cette nature si chère à son cœur. Malgré leur différence d'âge, les deux femmes se rapprochent. Avec délicatesse, Daphne essaye de sortir Abby de son marasme. Leur amitié leur permettra peut-être enfin de se libérer du passé et de sourire à l'avenir?

Ce roman est une véritable aventure au cœur des montagnes de l'Australie et de la vie des kangourous. Une intrigue où le passé et le présent sont liés l'un à l'autre, où l'histoire de l'arrivée des blancs sur les terres de ces aborigènes a laissé des traces. Mais surtout, une belle leçon d'amitié intergénérationnelle.

Abby est une jeune scientifique sur le point de rédiger sa thèse. Il lui reste encore quelques observations à effectuer sur le terrain afin de pouvoir colliger toutes les données obtenues. Son étude porte sur les kangourous et leur déplacement. Grâce à son domaine d'études, elle fera la connaissance d'un journaliste, Cameron. Près d'un mois après lui avoir accordé un interview, Cameron l'invitera à sortir et s'ensuivra par la suite, une belle aventure... mais hélas, Abby n'est pas encore prête à ouvrir son cœur et mettra fin à cette relation en étant convaincue que c'est la meilleure solution.

Lors d'une journée d'observation au parc national, Abby fera la connaissance de Daphne, une vieille dame qui habitait sur le site autrefois. Une charmante amitié verra le jour.

Abby est aux prises avec un passé troublant dû en grande partie en raison de la bipolarité de sa mère : La vie n'était pas facile, elle ne ressemblait pas à celle que connaissaient les autres, mais l'amour était plus fort que tout, et la famille leur plus grande richesse. Ils découvraient tous les jours des façons de contourner la maladie de Grace, ils apprenaient la tolérance. Daphne, quant à elle, a beaucoup de difficulté à vivre avec sa culpabilité liée à sa famille et à la terre de son enfance. L'amitié entre ces deux femmes leur permettra de se réconcilier non seulement avec leur passé, mais également avec la vie : Les tentacules de notre passé se glissent par on ne sait quelles circonvolutions jusqu'au cœur de notre présent, et plus loin encore, dans notre avenir. Et il est impossible de revenir en arrière.

L'auteure aurait pu s'en tenir à relater une belle romance entre Abby et Cameron, au lieu de cela elle a écrit une intrigue où la profondeur des émotions vient nous toucher droit au cœur. Et pour y parvenir, elle nous fait voir ces personnages avec beaucoup d'authenticité. Nous ne pouvons faire autrement que de s'attacher à eux.

Un roman touchant, une écriture intelligente et malgré certaines scènes difficiles à lire, l'auteure a su doser les mots à la perfection pour nous faire ressentir toute une gamme d'émotions. À plusieurs reprises, nous pouvions facilement imaginer le décor... un peu comme si nous y étions... un peu comme si nous entendions le murmure du vent à nos oreilles.

Ma note : 4/5

Je tiens à remercier la maison d'édition Les Escales pour m'avoir fait connaître une auteure de talent. Une lecture mémorable!