mardi 16 mai 2017

La délicatesse du homard


Auteur : Laure Manel
Genre littéraire : Littérature Contemporaine
Année de parution : 2017
Éditeur :  Michel Lafon
ISBN : 978-2749933054
Nombre de pages : 275 pages

François, qui s’occupe d’un centre équestre en Bretagne, découvre un jour une jeune femme inconsciente au pied d’un rocher. Prêt à appeler les secours, il se ravise et, sans trop savoir pourquoi, la ramène chez lui pour la soigner. À son réveil, l’inconnue paraît en bonne santé, mais peu encline à s’expliquer. Elle déclare s’appeler Elsa, mais refuse qu’on lui pose des questions. Commence alors une étrange cohabitation, où l’un et l’autre se mettent peu à peu à nu sans pour autant totalement révéler les secrets qui les rongent. Et même si ce duo en s’apprivoisant s’apaise, chacun souhaite continuer à se protéger, quoi qu’il en coûte.
Qui est Elsa? Que cache-t-elle? Quelle vie est-elle en train de fuir?

Un court roman écrit par une auteure de talent. Une écriture dynamique, concise et empreinte d'émotions.

François, propriétaire d'un centre équestre, se promenait à cheval sur la plage lorsqu'il aperçoit cette femme au regard perdu. Sans trop comprendre et savoir pourquoi, il décide de la prendre sous son aile.

Cette femme, Elsa/Axelle est en pleine dépression. Elle a quitté son boulot, sa famille, ses amis bref, elle a décidé qu'elle n'existait plus et qu'elle devait tout simplement disparaître. Elle doit repartir à zéro... ailleurs... loin de son passé. Se reconstruire et réapprendre à vivre tout simplement. Mais elle est un peu comme un cheval sauvage, François devra être empathique et patient afin de réussir à l'amadouer pour être en mesure de l'aider.

Il tente graduellement de lui faire comprendre qu'elle a le droit d'être heureuse, qu'elle doit s'ouvrir, mais parfois il le fait avec un peu de maladresse et cela engendre une telle détresse chez Elsa, elle est si fragile : J’ai un cœur de rien du tout, qui ne sait que souffrir, et qui n’en peut plus. J’avance vers la plage. Il y a des rochers, mais pas de falaises, pas de quoi se jeter pour en finir vraiment. Je m’effondre sur le sable, et pleure comme la dernière des nulles. Je me sens au bord du même gouffre que celui de mes seize ans, dans la même fragilité indicible que celle qui a baigné mon adolescence. J’ai trente-deux ans maintenant, mais rien n’a changé, parce que tout s’est arrêté à ce moment-là et que, depuis, je n’ai jamais su vivre, je n’ai jamais su aimer, être aimée. Je me sens plongée dans un néant profond. Je ne suis rien… pour quiconque, et ce depuis toujours. Je ne compte pas. Je n’ai jamais compté, je n’étais pas assez, ou bien j’étais trop… mais jamais comme il l’aurait fallu. Jamais. Je suis au monde, mais je ne suis rien. J’existe, mais je ne vis rien. Et là, ici, dans cet univers reculé où j’ai choisi d’échouer, je suis, encore une fois, une moins que rien, celle qu’on ne retient pas, qui ne compte pas. Invisible, aussi inutile et transparente que l’écume foulée par les sabots d’un cheval.

Mais au fil des semaines, Elsa découvre que derrière sa façade un peu brute, François est un homme patient, protecteur et que le hasard de la vie fait bien les choses. Il faut parfois un autre être au passé lourd et douloureux pour réussir à s'entraider, pour réussir à faire sortir l'autre de sa coquille.

Chacun à leur tour, ils se dévoileront et devront faire preuve de beaucoup d'indulgence et de tolérance afin d'accepter le passé de l'autre, mais également pour décider qu'il est maintenant temps d'apprécier le présent et de prendre des risques : Ce que je veux dire, c’est qu’à toujours réfléchir, se poser des questions, se torturer l’esprit, on n’avance pas, on n’entreprend rien. Il faut laisser un peu le risque entrer dans sa vie, ou saisir une chance au vol, c’est la même idée. Je crois foncièrement que la vie est mouvement et qu’il ne faut pas toujours chercher à figer, nommer, définir les choses... C’est un peu comme si tu étais sur une planche de surf et que tu trouvais la vague : il faut juste se laisser porter sans chercher à déterminer la destination, calculer le point d’arrivée.

Sans s'en rendre compte, il se développera une jolie romance entre ces deux êtres écorchés par la vie. Ils devront faire route main dans la main. Et François trouve toujours les bons mots pour encourager Elsa d'aller toujours plus loin vers l'avant, vers l'avenir. Même si bien souvent les mots se transmettent que par le regard!

Ce roman à deux voix m'a conquise dès les premiers chapitres. Le style de l'auteure rend la lecture très agréable. François et Elsa sont attachants et le choix des mots, tout en délicatesse et en douceur, nous permet de bien saisir et comprendre les émotions et la détresse ressenties par nos deux protagonistes.

Un roman qui se lit trop rapidement, mais qui est à la fois riche et intense en émotions. Une fin plus approfondie aurait permis de clore en beauté cette romance. Il n'en reste pas moins que ce roman est un joli petit bijou.

Ma note : 4/5


Je tiens à remercier la maison d'édition Michel Lafon pour la découverte de cette romance contemporaine.


4 commentaires:

  1. C'est super qu'il t'ai plu :) Je ne connais pas j'espère que tu apprécie tout autant ta lecture actuelle

    RépondreEffacer
    Réponses
    1. Belle découverte! Et je dois dire qu'en ce moment j'aime bien Fragiles...à suivre ;)

      Effacer
  2. Je découvre également cette auteur. Si je tombe dessus je tenterai cette lecture, malgré la fin ( me voilà prévenue ;) )

    RépondreEffacer
    Réponses
    1. Une très belle surprise ! J'adore faire des découvertes aussi intéressantes :) si tu lis ce bouquin, n'hésite pas à venir me donner ton avis.

      Effacer