samedi 15 avril 2017

La cueilleuse de thé


Titre : La cueilleuse de thé
Auteur : Jeanne-Marie Sauvage-Avit
Genre littéraire : Romance
Année de parution : 2017
Éditeur : Charleston
ISBN : 978-2368121467
Nombre de pages : 311 pages

Au Sri Lanka, l'ancien Ceylan, Shemlaheila est cueilleuse de thé dans une plantation. Depuis dix ans déjà, elle ploie sous les lourds sacs de feuilles de thé et sous le joug des contremaîtres, mais, à l'aube de ses vingt ans, la jeune femme a d'autres rêves. Elle est bien décidée à partir, à échapper à la condition de celles qui, dans les théiers et dans les maisons, sont au service des hommes. Elle ne sera pas cueilleuse de thé toute sa vie, comme sa mère, comme toutes ces femmes asservies qui n'ont d'autres horizons que les interminables rangées de théiers…
 Du Sri Lanka à Londres, à la découverte d'un pays complètement différent du sien, Shemla va découvrir une autre culture, d'autres personnes et surtout d'autres envies. La cueilleuse de thé qu'elle a toujours été choisira-t-elle de revenir au pays, ou de se créer une nouvelle vie ?

Ce livre est beaucoup plus qu'une simple romance. C'est un aperçu de ce que vivent les cueilleuses de thé du Sri Lanka, mais également des embûches que toute femme qui prend la décision de conquérir le monde peut rencontrer sur sa route.

Le parcours de Shemla est celui d'une jeune femme qui vient de perdre sa mère et qui décide de prendre sa vie en main afin d'échapper à sa vie actuelle et pouvoir réaliser ses rêves. Tout cela malgré ses peurs, malgré les obstacles à venir, malgré l'inconnu. Elle décide donc de foncer dans la vie et elle devra user de stratégies pour réussir à sortir de la plantation avec son passeport. Il est facile de comprendre dès le début du roman que ces femmes sont en fait esclaves de cette vie. Le patron a le plein contrôle sur leur vie en décidant du salaire qu'il versera, les conditions de vie sont exécrables et en plus, elles ne peuvent quitter la plantation, car celui-ci garde leurs passeports.

Que ce soit sur le bateau lors de sa traversée vers l'Angleterre ou lors de son arrivée en terre nouvelle et même lorsqu'elle est au service des Rosay, Shemla aura la chance de rencontrer des gens qui l'aideront tant au niveau de la langue, que du travail et des études. Cela lui permettra de gagner en assurance et pourra par la suite, faire face à son passé. Et cela demande beaucoup de courage. On comprend au fil de son histoire que la vie n'a pas été tendre avec elle et qu'elle a fait preuve d'une très grande résilience pour en arriver où elle en est aujourd'hui!

Tout le récit tourne autour d'un seul et même bourreau soit Datu-Guemi (mais on comprendra qu'il n'est pas le seul à agir ainsi sur les plantations). Cet homme aura détruit la vie de plusieurs femmes sur son passage. En premier lieu, il y a Pokonaruya, sa première femme qui vivra l'horreur tant par la violence physique que psychologique. Il y a également Mohanty qui débutera son travail à la plantation. Elle ira voir sa mère, car elle se sent comme une proie face au kangani Datu-Guemi...sa mère tentera donc de la marier : On va essayer de te trouver un mari qui veuille bien de toi, car tous les hommes savent que les cueilleuses ont des vies difficiles sur les plantations et que les plus jolies ont déjà servi d'une manière ou d'une autre. Et toi tu es jolie. Les hommes n'aiment pas les filles qui ont déjà servi

Cette violence faite sur les plantations, ce que subissent ces cueilleuses de thé semble être la norme et les patrons n'en font pas de cas. Le vécu de ces femmes m'a énormément touchée, scandalisée. Étant amateur de thé, je peux vous garantir que je regarderai ma tasse sous un angle nouveau.

L'auteure a une plume vraiment singulière, une finesse dans les mots malgré parfois la violence qui caractérise la vie de ces femmes. Elle sait choisir les bons mots pour nous toucher directs au cœur. Il y a parfois quelques passages à la fois doux et poétique : Ils avançaient sans bruit sur le sentier sablonneux parsemé des dernières feuilles mortes. À travers la trouée des arbres, l'eau du lac miroitait comme un plat d'argent posé sur l'herbe.

En passant par le Sri Lanka, l'Inde et l'Angleterre, l'auteure nous fait découvrir ces merveilleux pays au travers des yeux d'une jeune femme courageuse... mon coup de cœur du printemps!

Ma note : 4.5/5

Je tiens à remercier très chaleureusement la maison d'éditions Charleston pour m'avoir offert ce roman!


2 commentaires:

  1. Réponses
    1. Meilleur bouquin lu depuis le début de l'année. Les personnages me manquent! Je suis certaine que tu vas adorer :)

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